Un TGV vers le Sud

Le train file vers le Sud. Le soleil se couche sur le Rhône. Les rayons cognent contre la vitre. La lumière du wagon est d’or.

Il est assis devant moi. Son visage tourné vers le couloir, je ne vois que ses yeux. Il ne bouge pas mais il m’inspire.

TGV vers le sud

J’écris ces quelques lignes. Les autres sont autour. Les regards ne cessent de se croiser.

J’écris sur lui mais il vient brusquement de partir. J’écris sur la petite fille aux boucles dorées qui gesticule entre les sièges. Sur la dame plongée dans un magasine people. Sur la maman qui essaie désespérément de trouver le sommeil, une peluche coincée entre son oreille et l’appui tête. Et puis sur l’adolescente qui écoute de la musique. Trop fort. Tellement fort qu’elle doit crier pour parler à sa grand-mère assise en face d’elle. Jusqu’au moment où son téléphone sonne et qu’elle a la gentillesse de décrocher. Pour le bonheur de tous.

Le train file vers Avignon, le Sud approche, se fait ressentir.

Je pense au jeune homme qui n’est toujours pas revenu. S’il savait que je suis en train d’écrire sur lui et que j’attends avec impatience son retour, je me demande bien comment il réagirai.

Mais chut ! Le revoilà.

Je vais enfin pouvoir admirer son visage. Nos regards se croisent. C’est seulement parce que je le fixe. Mais c’est juste pour écrire. Pas d’inquiétude, je n’oserai jamais l’aborder. Il restera un inconnu sur lequel j’ai osé dessiner des lettres, former des mots. Je ne me souviendrai que de son sourire et de la couleur de ses yeux.

Le train file. Les rayons dorent les peaux.

La petite fille s’est calmée, l’adolescente s’endort et la maman se réveille.

Je pose ma tête contre la vitre et observe le défilé du paysage. Tout est calme, et pourtant tout va si vite.

Je rêvasse. Lumière intense et douce chaleur. Fin de semaine agréable.

Puis un tunnel et tout est noir. La vitre devient miroir. J’aperçois mon reflet. Retour à la réalité. Ce matin j’aurais dû me maquiller. Le garçon m’aurait peut-être vraiment regardé. Je me trouve pâle.

Aix-en-Provence et une musique dans mes oreilles. Ca chante « I love you ». Super. Depuis combien de temps ne l’ai-je pas dit à quelqu’un ? Mieux vaut ne pas y penser.

La nuit est tombée. Tout le monde s’agite. Je range mon stylo. Le train arrive à Marseille.

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